Nicaragua
Mardi 27 avril : Le passage de la frontière prend trois heures et il faut remplir des tas de papiers, faire "soi-meme" des photocopies (i.e. trouver une boutique...) et payer pour tout : $10 pour l'entrée de la voiture, $12 pour une assurance obligatoire pour la voiture, $ 3 de "decontamination" de la voiture, $5 par personne de taxe touristique, $4 par personne pour l'immigration, $1 par personne de taxe municipale! Puis, nous entrons dans ce pays dont nous ne connaissons presque rien. Le contact que nous avions (une francaise vivant à Managua) est... en France. Nous n'avons donc aucun contact (c'est le premier pays depuis le debut de notre voyage tout de même). Fini la sécurité et l'insouciance du Costa Rica, à partir de maintenant et dans les pays qui suivront, il va falloir être prudent sur les lieux de couchage, ne jamais perdre les enfants de vue, ne jamais rouler de nuit, etc... Bref, des mesures elementaires de sécurité dans des pays qui sortent tout recement de dictature et de guerres civiles et où il y a encore beaucoup d'inegalités sociales criantes et beaucoup de violence. Cela n'empeche evidement pas, au contraire, que les gens sont très chaleureux et accueillants. Nous avançons en route vers Granada en longeant le lac Nicaragua avec vue sur ses imposants volcans. Nous arrivons dans l'après-midi à Granada, une belle ville coloniale de taille moyenne. Nous nous promenons dans les rues. Il y a des belles demeures avec des grilles en fer forgé. Il fait très chaud et l'humidité est maximale. Il n'y a clairement pas de touristes (ça change du Costa Rica...). Nous ne tardons pas à nous preoccuper de savoir où dormir... Nous essayons de sortir de la ville vers la plage, sur le lac. On rencontre des gens qui organisent des excursions dans des iles "reputées". Ils nous proposent de laisser notre vehicule et de venir passer la nuit sur une des iles. Nous ne sommes pas très à l'aise avec cette proposition. Nous retournons plutôt au centre ville. Luc et Corinne, les voyageurs français croisés au Panama, nous avaient signalé qu'ils avaient dormi dans la rue devant un bel hotel au nom français. C'est ce que nous faisons. Nous discutons avec le maitre d'hotel. Le vigile de l'hotel qui fait des rondes toute la nuit jetera soit-disant un coup d'oeil sur notre vehicule de temps en temps. Nous nous payons un petit resto tranquille pour nous remettre de notre grosse journée. La nuit est une des plus chaudes et humides que nous ayons connu. Cela vaut Guayaquil en Equateur. La difference, c'est qu'on a pas de clim et, dormant dans la rue, on ne peut pas vraiment faire de courant d'air : les fenetres sont ouvertes, mais les rideaux fermés!...
Mercredi 28 : Dès le reveil, au lever du soleil, nous filons sur la plage. Là, nous nous baignons dans le lac et nous prenons une bonne douche solaire à l'exterieur du vehicule avant de prendre un petit déjeuner sur notre table pliante. Nous refaisons une petit tour dans cette ville dont le centre a décidement beaucoup de charme. En milieu de matinée, nous cherchons une école où nous pourrions tenter notre chance pour une rencontre avec des enfants de ce pays. Nous frappons à la porte d'un établissement. Le gardien ne nous laisse evidement pas rentrer aussi facilement car nous n'avons aucune "reference". Nous parvenons à parler avec la directrice qui trouve notre projet interessant et nous laisse entrer dans une classe. Comme les autres fois, nous faisons parler les enfants de leur vie et de leur pays et nous leur parlons de notre voyage. Nous les enregistrons chanter (écoutez une chanson des enfants). En fin de matinée, nous reprenons la route vers Leon. Nous évitons Managua car nous n'avons rien à y faire, personne à voir et il parait qu'il y a de réels problèmes de sécurité. Nous n'avons de toute façon que peu de jour à consacrer à ce pays car désormais nos jours de voyage sont comptés. Nous dejeunons dans un resto type fast-food avec ... des jeux pour les enfants! Quel plaisir de se jeter dans la piscine de balles multicolores. Nous arrivons à Leon en fin d'après-midi. Nous faisons un petit tour de cette ville aux belles églises et belles maisons coloniales. Les 2 lions, emblêmes de la ville sur la place principale, intriguent Simon et Solène. Avant que la nuit ne tombe, nous cherchons un endroit pour dormir. Nous trouvons assez vite une station service à la sortie de la ville. Il fait encore une chaleur accablante et nous ouvrons toutes les fenetres possibles pour dormir. Fred va boire un verre et feuilleter le guide touristique sur une des tables à l'exterieur. Rapidement, il discute avec le pompiste puis avec 2 clients venus boire un verre. On parle de la situation au Nicaragua, du tremblement de terre de l'année derniere. Le pompiste raconte qu'il doit faire vivre sa famille avec les 100 dollars qu'il gagne par mois.
Jeudi 29 : Nous quittons dès le reveil cette station service pour avancer vers le Honduras où nous sommes attendus. Nous nous arretons au bout d'un moment pour prendre un petit dejeuner sur notre table exterieure dans un endroit qui parait tranquille. Deux hommes arrivent à vélo et nous disent de ne pas rester là. Ils disent que d'autres pourraient très bien arriver comme eux à vélo et nous poser des problèmes. Nous quittons le pays sans encombre et sans s'être jamais fait arreter par la police. Il faut dire que dans tous les pays d'Amerique Centrale et Amérique du Sud, notre vehicule est très discret car c'est un modèle très répandu, utilisé pour le transport en commun, autant de locaux que de touristes. De l'exterieur, on ne voit pas facilement qu'il est aménagé à l'interieur. Et enfin, notre plaque d'immatriculation chilienne ressemble à toutes les plaques latino-américaines à part le nom du pays ecrit en petites lettres.