Sam 21 février (suite): L'entrée en Equateur du véhicule n'est pas aussi simple que dans les autres pays... Premièrement, il faut faire une demande d'entrée temporaire du véhicule et cela ne se fait que les jours ouvrables. Pas de chance, on est samedi or lundi et mardi sont fériés pour carnaval!... Le véhicule ne peut donc pas entrer en Equateur avant mercredi! On nous propose de laisser la voiture dans un parking spécial de la douane et continuer en bus... Deuxièmement et c'est le plus grave, on nous demande de laisser une caution de 75% de la valeur du véhicule pour nous laisser entrer! Après 4 heures de démarches et discussions avec diverses personnes, nous partons en bus, non sans l'attendre une bonne heure, jusqu'à Guayaquil. Entre la frontière et Guayaquil, ce sont des champs de bananiers à perte de vue (l'Equateur est le 2e producteur au monde et le premier exportateur). Après 4 heures de bus ou plutôt "bolide", nous arrivons vers 21 heures 30, le souffle encore coupé,  dans une gare routière bondée (week-end prolongé oblige) et avec une chaleur écrasante (plus de 30°). Heureusement, des amis équatoriens, Veronica et Christian, ancien collègue de Frédéric à Santiago viennent nous chercher et nous accueillent chez eux où nous prenons tous une bonne douche bien froide avant de se coucher..

Dim 22, Lun 23, Ma 24 : Journées calmes à Guayaquil. Veronica et Christian ont une petite fille de 4 ans,Dayana, qui est vite la grande copine de Solène. Norma, la belle-soeur de Christian met très aimablement à notre disposition son appartement. Sa chambre est climatisée et ça change la vie avec les enfants quand il fait si chaud et si humide! Nous ne sortons pas de Guayaquil, mais allons nous promener au Malecon (front de mer totalement remodelé en 2000, très agréable) et au parc historique (reconstitution de quelques maisons de 1900, faune  et flore de tout le pays, repas typique et spectacle de danses). Mardi, c'est carnaval en Equateur comme dans presque (sauf Chili...) tous les pays d'Amérique Latine et malheureusement, il ne se passe à Guayaquil que des batailles d'eau dans les rues et le carnaval folklorique le plus proche est trop loin pour y aller sans véhicule dans de bonnes conditions... Ce sera pour une autre fois. On apprend qu'à Oruro (vous vous souvenez, en Bolivie), il y a 300000 personnes

Mer 25, Jeu 26, Ven 27 : Frédéric part à l'aube, en bus, pour la frontière avec le Chili pensant rentrer le soir même avec le véhicule à Guayaquil. En fait, le texte de loi de douane exige un "carnet de passage en douane". Ce document s'émet dans le pays d'origine contre caution. En fait, plus aucun autre pays ne l'exige, le consulat d'Equateur au Chili nous avait dit qu'il n'y en avait pas besoin et au Chili, l'autorité qui le délivrait ne le délivre plus... Les douaniers nous demandent donc une caution de 6000 dollars, soit en liquide (qui laisserait une somme pareille a des douaniers en Amérique Latine?...), soit par le biais d'une assurance. Malgré l'aide d'un avocat, il n'est pas possible d'y échapper. Après une heure de bus pour rejoindre Machala, ville la plus proche ayant des agences d'assurance, on s'entend dire par l'assurance que malgré la prime à payer, certes pas exorbitante, ils exigent un chèque équatorien de 6000 dollars comme garantie, à leur tour! Sans issue à la fin de la journée, Frédéric passe la nuit dans un petit hôtel pas cher. Le lendemain, un ami de nos amis, "influent", se trouve dans cette même ville et se propose de nous aider. Après discussions avec le directeur de l'assurance, des agents de douanes, des avocats, d'autres assureurs, il arrive à la conclusion que la seule solution est que un équatorien nous fasse un chèque de caution de 6000 dollars, (normalement pas encaissé, mais dans ce pays on n'est jamais tranquille quand il y a des grosses sommes d'argent en jeu...)  A ce moment, nous envisageons une visite de ce pays sans notre véhicule, ce qui nous quitte beaucoup de liberté de mouvement et nous ajoute des frais de transport et de logement. A ce moment aussi, cet ami providentiel nous propose de faire ce chèque pour nous ! La journée est déjà bien avancée et le temps de faire tous les papiers avec l'assurance, la douane, à une heure de route, pour ceux qui ont suivi, est fermée. Deuxième nuit d'hôtel donc pour Frédéric à Machala. Le lendemain matin, avec tous les papiers en règle et la caution de l'assurance, cela dure tout de même plus de 2 heures. L'ami qui nous a aidé veut que je le ramène mais a aussi des démarches à faire à Machala, résultat, Frédéric arrive de nuit à Guayaquil, mais avec le véhicule! Quelle galère et il va falloir assurer pour que tout se passe bien pour la récupération de la caution, ce qui va impliquer de retourner en personne au poste de douane de la frontière (8 heures A/R de bus) une fois que le véhicule a quitté le pays par bateau. Pendant de temps, Cécile et les enfants tournent en rond à Guayaquil entre leur appartement prêté et celui de nos amis où ils jouent avec Dayana. Avec tout cela, les recherches de bateau pour le Panama n'ont pas trop avancé et il faudra s'y attaquer le lundi. A ce moment du voyage, nous nous demandons s'il est raisonnable financièrement et pour les complications administratives en vue de continuer le voyage en Amérique Centrale. Le transfert du véhicule en bateau et de nous meme en avion s'avère assez cher. L'avenir du véhicule, est encore incertain, or sa valeur actuelle est toujours un capital. En effet, la solution légale qui nous fait perdre le moins d'argent n'est ni simple, ni économique, puisqu'il s'agirait de renvoyer le véhicule par bateau au Chili depuis le Canada pour y etre vendu par un ami. Toutefois, après cette hésitation, nous nous disons que maintenant que nous sommes la avec ce véhicule entre les mains et sans contraintes professionelles et scolaires, il faut en profiter et continuer le plus loin possible... D'autant plus que si nous retournons vendre la voiture au Chili, il faudra payer 4 billets d'avion pour le Canada ! Nous sommes aussi en contact avec une famille de francais qui fait un tour du monde et qui arrive de l'Amerique du nord. Ils sont en ce moment au Costa Rica et nous informent sur toutes les frontieres d'Amerique centrale . Aucune ne demande de caution, tout se passe a peu pres normalement, mais il faut de la patience !

Sam 28, Dim 29 : Cécile et les enfants ont vraiment besoin de sortir de Guayaquil. D'autres amis, Roxana et Jorge, connus par l'intermédiaire d'une amie québécoise Danielle, vivant au Chili... nous proposent de passer le week-end à la plage. Nous les emmenons avec notre véhicule et nous rendons à la station balnéaire de Salinas (pointe ouest de l'Equateur). Au programme dégustation de plats à base de crevettes (au passage, l'Equateur est un des premiers exportateurs de crevettes au monde), de fruits de mer et de poissons, puis plage... Les enfants adorent, évidement. Nous passons la nuit dans une maison que des amis leurs ont prêté. Le dimanche, nous remontons la côte vers le nord jusqu'à Montañitas, petit village de surfeurs. Même programme : plage et repas local, sauf que le soir, de retour à Guayaquil, non sans avoir crevé une roue en route, Cécile et Frédéric ont les intestins complètement retournés... A l'occasion de ce week-end, nous fêtons les 20000km depuis notre sortie de Santiago du Chili!

Lun 1er mars, Mar 2, Mer 3 : Grâce à Victor, un autre ami d'ami, dont la belle-mère, française, habite au Chili... nous trouvons rapidement un bateau pour Panama. Nous pensons même lundi pouvoir partir dès mardi pour un tour du pays. Mais mardi, au moment de confirmer, on nous demande les originaux de passeport. Nous les récupérons mercredi après-midi et restons donc un jour de plus a Guayaquil... Tout semble si simple... mais il y a toujours des détails dont on nous informe au moment ou tout parait bouclé et qui nous retardent sans arret ! La bureaucratie equatorienne... un vrai roman ! Sans compter que Fred a failli ne pas pouvoir entrer dans le batiment de l'agence de transport maritime car il était en bermuda et tee-shirt !

Jeu 4 : Nous quittons (enfin...) Guayaquil à l'aube en direction de la cordillère. Les gens, en particulier les chauffeurs de bus et de camion, conduisent comme des fous. On se fait doubler par la droite et la gauche  meme temps, ou bien par un bus et un camion a la fois ! Ils doublent sans visibilité ou même en voyant arriver un véhicule en face, considérant que l'on peut toujours passer à 3 de front. Dans la matinée, un accident entre 3 vehicules se produit 200 m devant nous... C'est de loin, le pays le plus dangereux de tous ceux qu'on a traversés, en matière de circulation routière. Nous avions eu un avant gout avec le bus entre la frontière et Guayaquil ! Nous quittons rapidement la chaleur étouffante de la côte pour trouver la fraîcheur de la cordillère. La végétation change rapidement. Nous arrivons à midi chez un prêtre français  Pierrick qui vit dans le village San Francisco près de Calpi, près de Riobamba à 3200 m d'altitude où se trouve une communauté indigène . Installé ici depuis 5 ans, son travail auprès de 19 communautés indigènes est remarquable. En plus de l'accompagnement de ces communautés, il mène des projets de garderies d'enfants, d'accueil touristique, de production de confiture, de fromagerie, de charcuterie,  de vente d'artisanat. Nous passons un bon moment avec lui. C'est passionnant. Il nous emmène dans 2 garderies d'enfants de villages proches, 100% indigène, où nous pouvons nous rendre compte des conditions d'hygiène déplorables, du travail d'amélioration en cours et de tout ce qu'il reste à faire. Nous enregistrons les enfants chanter. Vous pouvez ecouter les chansons du premier groupe et les chansons du deuxième groupe.

Ven 5 : Nous nous rendons dans l'école puis la garderie du village où nous rencontrons les enfants. Comme dans les autres écoles , nous leur présentons notre projet, ils nous parlent de leur vie scolaire et familiale,  ils nous chantent des chansons que nous enregistrons (écoutez les chansons de l'école et les chansons de la garderie). Comme dans la plupart des autres pays traversés, ils ne vont à l'école que le matin et aident leurs parents l'après-midi. Ici, cela consiste souvent à surveiller le bétail ou travailler aux champs. L'après-midi, nous nous approchons par la route de l'imposant volcan Chimborazo (6310m d'altitude) dont nous n'avons toujours pas vu le sommet dans les nuages. Nous arrivons jusqu'à un refuge à 4800m ... dans le brouillard. Nous ne voyons rien et ne pouvons même pas nous balader. Nous apprenons que ce sommet est le plus haut de la terre. Il dépasse l'Everest de 2km220m par rapport au centre de la terre. De retour au village où nous dormons, les habitants rentrent leurs animaux: vaches, moutons, cochons, ânes. Nous suivons l'un d'eux jusqu'à chez lui. Simon et Solène tire le petit cochon (ou plutot l'inverse !) Ces personnes nous trait, devant Simon et Solène en admiration, 2 litres de lait pour le petit déjeuner du lendemain

Sam 6 : Nous quittons cette région sans avoir vu le Chimborazo et nous nous rendons à Baños, ville thermale très agréable à 1800m d'altitude en descendant côté est vers la forêt amazonienne. Elle se trouve au pied du volcan Tungurahua, actif au point que la ville fut totalement évacuée pendant quelques mois en 1999. Nous faisons une belle promenade de 3 heures sur les flancs boisés surplombant la ville. Le soir, à Rio verde, à quelques kilomètres à l'est de Baños, nous trouvons une charmante auberge tenue par des suisses ("El pequeño paraiso", le petit paradis...) qui accepte pour un prix modique que l'on dorme dans notre vehicule avec usage de leur sanitaires, cuisine et salle à manger. Nous sommes les seuls donc vraiment à l'aise.

Dim 7 : Après un agréable petit déjeuner où nous discutons un bon moment avec la patronne, nous prenons la route pour Puyo, une des portes de l'Amazonie à 950m d'altitude. Ce n'est pas encore la jungle, mais nous visitons 2 parcs qui nous introduisent à la culture-faune-flore de cette réalité amazonienne que nous découvrons pour la première fois. Le parc de "réhabilitation de vie sauvage" de Fátima nous présente de nombreux animaux de la jungle. Au parc ethnobotanique de Omaere, nous passons presque 4 heures à nous faire présenter les différents peuples d'Amazonie équatorienne, leur culture et habitat, ainsi que les plantes venues de toutes l'Amazonie réunies dans ce parc. Nous rentrons dormir dans notre "pequeño paraiso".

Lun 8 : En retournant vers Baños, nous descendons à pied voir une belle cascade, "El pailón del diablo" (le chaudron du diable). A Baños, nous nous baignons avec les enfants, ravis, dans une piscine d'eau thermale au pied d'une cascade. L'après-midi, nous partons pour Latacunga où nous sommes accueillis dans le"foyer de charité" la Cruz del Sur"(Croix du sud), institution catholique fondée en France par Marthe Robin, chère à Cécile. Un prêtre péruvien et la responsable équatorienne nous accueillent chaleureusement et nous propose une petite maison pour passer la nuit. Pendant la messe, le volcan Cotopaxi, se découvre devant nous, ébais, comme pour nous souhaiter la bienvenue  nous disent les membres du foyer.

Mar 9 : Après une présentation et une visite du foyer, nous nous rendons à l'école du village voisin, Laigua,  où nous rencontrons les enfants d'une classe. Ecoutez une chanson des enfants. Nous déjeunons avec les membres de la communauté. Dans l'après-midi, nous tentons une approche en voiture ce volcan actif Cotopaxi (5897m d'altitude), mais les nuages qui le bouchent obstinément nous font renoncer... Nous visitons donc une des plus ancienne hacienda d'Equateur La Hacienda Cienega, maintenant transformée en charmant hotel ! Nous retournons dîner et dormir au foyer de charité.

Mer 10 : Virée en voiture jusqu'au volcan Quilotoa. L'immense cratère est rempli par un magnifique lac couleur émeraude. Nous descendons à pied jusqu'aux rives du lac et remontons à dos de cheval. Les enfants sont ravis, c'est leur première promenade à cheval ! Au retour, nous achetons un peu d'artisanat de la région : peinture sur peau de mouton ou bois. Dans cette région de la cordillère, les indiens cultivent des petits rectangles de terre accrochés aux flancs des montagnes sur des pentes atteignant 60% de déclinaison. Nous reprenons la route pour nous rendre en 5 heures jusqu'à Quito où nous sommes accueillis par Suzanna et sa famille. Suzanna a été jeune fille au pair en France chez des amis de Frédéric.

Jeu 11 - mar 16 : Séjour à Quito chez Susana. Le jeudi, visite du centre historique de Quito, une des plus anciennes et plus belles villes d'Amérique du sud. Le vendredi, rencontre avec l'infirmière du lycée français de Quito, française mariée a un équatorien. La rencontre est comme toujours très intéressante. Le samedi, marché d'artisanat de Otavalo (à 2 heures de route de Quito) avec Susana, le plus beau et plus complet marché d'artisanat du pays. Nous y faisons le plein de souvenir et de cadeaux à offrir en France et au Québec... Le dimanche avec la mère de Susana, site très touristique de Mitad del Mundo, où se trouve un monument marquant le passage de la ligne de l'équateur. C'est pour nous, arrivant de l'extrême sud du continent, très symbolique. Le mardi, nous laissons les enfants une matinée dans le jardin d'enfant où travaille Susana pour visiter tranquillement l'excellent musée de la banque centrale, un des plus beaux et plus complets musées d'Amérique du sud. Nous profitons de cette grande ville pour faire quelques courses, payer le bateau pour la voiture, etc... Retirer de l'argent est un parcours du combattant : Les guichets automatiques nous refusent la carte visa, pourtant parfaitement valide. Nous faisons 5 banques et beaucoup de queues pour pouvoir retirer du liquide à un guichet avec la carte ou avec des cheques de voyage.

mer 17 : Nous quittons Quito de bonne heure pour faire une journée de route pour retourner à Guayaquil ou nous sommes accueillis chez une française mariée a un costaricien qui ont 3 filles avec lesquelles les enfants jouent bien. Ils ont une grande maison climatisée et une piscine. On apprécie le confort et le bon goût de la déco (française en bonne partie...). On y reste plusieurs jours le temps des démarches pour notre vehicule.

jeu 18 - ven 19 : Frédéric passe 2 jours de démarches douanières et portuaires au port de Guayaquil où le vehicule est finalement embarqué sur un bateau qui le mènera à Panama.

sam 20 - lun 22 : Nous sommes sans voiture. Nous faisons une escapade en bus à Puerto Lopez, près du parc national Machalilla. Faute de vehicule dans lequel dormir, nous nous payons un hôtel pour 2 nuits. La première fois depuis plus d'un mois.

mar 23 : Guayaquil. Journée tranquille tranquille pour Cécile et les enfants chez nos amis tandis que Frédéric fait des pieds et des mains pour obtenir de l'agence de transport maritime le papier certifiant que notre vehicule est à bord de leur bateau et a quitté l'Equateur. Ce papier est necessaire pour pouvoir recuperer le cheque de caution laissé à la douane et quitter le pays, le passeport de Frédéric portant une interdiction de sortir sans le vehicule...

mer 24 : Journée tranquille à Guayaquil pour Cécile et les enfants. Frédéric se lève a 4h du matin pour prendre un bus pour Huaquillas (4 heures de bus...), fameux poste frontiere avec le Perou où nous avions rentré le vehicule avec tant de peine. Il faut toute la matinée pour liberer le passeport et obtenir le fichu papier des autorités douanières qui permet de recuperer le cheque de caution quelques heures plus tard à Machala. Frédéric rentre en bus a Guayaquil en fin d'après-midi. Nous passons la soirée au restaurant avec nos amis equatoriens Jorge et Roxana avant de prendre un bus de nuit pour Quito.

jeu 25 : journée tranquille à Quito

ven 26 : avion pour Bogota