Dim 1 février (suite):  Entrée au Pérou. A Puno, nous croisons de belles danses dans les rues pour la fête de la Vierge "Candelaria"... En sortant de Puno, un policier veut nous faire payer une contravention de 100 dollars pour ne pas l'avoir vu nous faire un signe. Après une bonne demi-heure de discussion, nous échappons à l'amende. ouf! Nous dormons dans une pompe à essence où un chien nous surveille toute la nuit !

Lun 2 et Mar 3 -02: Nous arrivons à San Jose de Tiabaya en banlieue de Arequipa où nous accueillent deux jeunes de la Fidesco (organisme catholique français qui envoie des jeunes en coopération 2 ans dans les pays qui en ont besoin): Hélène et Bénédicte, en mission sociale pour la paroisse. Nous passons un jour et demi avec elles. Nous avons beaucoup de choses à partager sur nos expériences respectives.

Mer 4 et Jeu 5-02 : Route entre Arequipa et Lima (1000km). Nous dormons de nouveau dans notre véhicule dans une station service du village tranquille de ... Santiago entre Tacna et Ica ! Nous arrivons le 2e jour à midi chez des amis de Lima connus lors de notre séjour au Pérou en 1997 : Haydee , Alfredo et leurs fils. Nous arrivons à l'improviste car ils ne recevaient pas nos mails et nous n'avions pas leur numéro de téléphone... Une fois de plus, nous sommes reçus comme des rois.

Ven 6 à jeu 12-02 : Lima : En plus de nos amis Haydee et Alfredo, avocats tous les 2 et impliqués dans de nombreux projets de développement dans leur propre pays, nous faisons d'autres rencontres passionnantes: Vincent Santuc, prêtre jésuite français au Pérou depuis une trentaine d'années, chargé pendant longtemps de la formation des jésuites dans toute l'Amérique Latine. Nadine, française mariée à un péruvien, vit au Pérou depuis 32 ans. Venue pour une mission humanitaire dans ce pays il y a  32 ans, elle y est resté et pendant de nombreuses années, de façon informelle, elle a aidé dans leur "parcours du combattant" de nombreux couples français qui voulaient adopter un petit péruvien orphelin. Maureen et Marielle (célibataires) et André et Maria (mariés avec une petite fille Paloma de 3 ans et un bébé à naître), tous les 4 français en mission de coopération pour 2 ans au Pérou, envoyés par la Fidesco. Samedi soir, nous laissons les enfants à une babysitter et nous allons voir avec nos amis un spectacle de danses folkloriques péruviennes. Impressionnant! Coté santé, Solène reste fragile des intestins depuis notre intoxication alimentaire "familiale" de fin décembre. Nous faisons des examens pour savoir si elle ne se traîne pas des bactéries, ce qui nous oblige à rester plus longtemps que prévu sur Lima. Les résultats nous indiquent que l'antibiotique donné suite à la diarrhée prolongée lui aurait développé des levures dans les intestins. En quelques jours d'un traitement adapté, elle retrouvera un flore intestinale saine.

A Lima, l'écran de notre ordinateur portable nous a lâché suite à une petite chute... (heureusement que ce n'est que l'écran) et la réparation est trop cher pour notre budget, pour le risque de vol et de casse que nous prenons dans ce voyage. Ceci complique bien la mise à jour de notre site et le suivi des e-mails... nous devons emprunter un écran, soit dans les cyber-cafés (où nous n'allions jusqu'à présent que pour envoyer et recevoir les e-mails et mettre en ligne nos pages une fois prêtes), soit chez des amis. Soyez donc encore plus patients que ce que vous l'aviez déjà été pour le site et les e-mails...

Ven 13-02 : Tôt le matin, nous nous préparons pour quitter Lima en direction de Huaraz dans la Cordillère Blanche accompagnés de notre amie Haydee et de son fils Roberto (14 ans). Une fois la voiture chargée et les enfants installés dans leur siège, nous tournons la clé de contact et ... rien. Nous avons des câbles, mais il nous faut une camionnette ou un camion car la batterie d'une voiture ne suffit pas... Nous avons un chargeur de batterie que nous laissons charger quelques heures, mais ça ne marche pas. Nous arrêtons un camion... ça ne marche pas... on finit par pousser la voiture et elle démarre. On la mène chez un garagiste où nous achetons une batterie neuve. Avec tout ça, nous partons à 2 heures de l'après-midi. La route est longue. 2 fois, nous nous faisons arrêter par la police qui veut nous supprimer le permis et nous donner 100 dollars d'amande pour excès de vitesse. Heureusement, les 2 fois, nous arrivons à adoucir l'agent et à lui faire renoncer... sans donner de pourboires.  Après 4 heures et 200km de désert le long de l'Océan Pacifique, nous montons dans la cordillère. En moins de 100 kilometres mais plus de 2 heures, nous passons un col à 4000m avant de redescendre dans la vallée de Huaylas dont la ville principale est Huaraz. Sur notre droite, s'étire la majestueuse Cordillère Blanche avec ses neiges éternelles sur plusieurs sommets à plus de 6000 m. Sur notre gauche,  s'étire la cordillère noire, où les vents venus de l'océan empêchent les neiges d'être éternelles... Alors qu'il n'y avait que 200km depuis la côte, nous  mettons 5 heures et demi dont une heure de dîner dans un petit resto au bord de la route (menu à 1 euro...) et nous arrivons à Huaraz (3000m d'altitude) à 0h30. Nos amis trouvent un hôtel et nous une station service pour dormir dans le véhicule.

Sam 14 : Journée tranquille. Arrivés la veille de nuit, nous découvrons le paysage. Malheureusement, les sommets sont cachés par les nuages. Ici, c'est le paradis des montagnards, mais pas à cette saison... En juillet et août, vous êtes surs d'avoir du ciel bleu et des paysages à vous couper le souffle... A Carhuaz, petit village tranquille, nous rencontrons des cousines de notre amie Haydee qui nous emmènent au restaurant où nous pouvons apprécier 2 spécialités bien péruviennes : la Panchamanca (diverses viandes et légumes cuits  dans des feuilles sous la terre avec des pierres chaudes) et le cochon d'inde rôti "Cuy" (oui, oui, vous avez bien lu...). C'est bon, mais il n'y a pas grand chose à manger... L'après-midi, nous passons sur le site de Yangay, où, en mai 1970, une petite ville de 25000 habitants a disparu en 3 minutes sous une gigantesque coulée de boue et de neige. Un terrible tremblement de terre, en plus de mettre à plat la plupart des maisons a fait se décrocher une partie importante de la montagne dominant la ville et a provoqué une énorme avalanche mêlant la neige et la glace à la roche et à la terre. Pas un toit ne dépassait... Ce sinistre a fait plus de 70000 morts en quelques minutes dans toute la vallée... Ce site, depuis lors cimetière géant, est très émouvant et un village du même nom a été reconstruit à quelques kilomètres. Nous continuons la vallée jusqu'au village de Caraz où nous trouvons un hôtel pour nos amis. Après avoir profité de leur douche, nous dormons dans notre véhicule dans la rue devant l'hôtel.

Dim 15 : Le matin, nous montons voir 2 lacs perchés à 3800m dans le parc national de Huascarán. Là, nous trouvons une petite forêt de Quenual, étrange arbre à l'écorce orange qui pousse jusqu'à 5000 m d'altitude. Pour ceux qui suivent, c'est le même qu'au parc national de Sajama en Bolivie... Après les lacs, nous poursuivons la petite route de montagne jusqu'à un col à 4800m qui permet de franchir la Cordillère Blanche, mais de là, satisfaits par la vue sur les glaciers et par les émotions de la route vertigineuse, nous faisons demi tour et redescendons 2300m d'un coup pour retrouver le fond de la vallée de Huaylas à Yangay, où nous arrivons ... avec un pneu à plat. Il se dégonflait doucement... Réparation sans problème dans le village. L'après-midi, nous nous enfonçons dans la vallée jusqu'à un canyon où les 2 cordillères se rapprochent pour former le Cañon del Pato (canyon du canard), vertigineux, au fond duquel coule un torrent et où est installé un barrage qui alimente toute la vallée en électricité. Le soir, nous sommes invités à dîner à Huaraz chez un couple franco-péruvien, Laure et Arturo, qui ont une petite fille de 10 mois et qui sont en train de monter un passionnant projet de "tourisme équitable". Avant l'été qui arrive, si tout va bien, ils tiendront une auberge près de Huaraz offrant en particulier des rencontres avec des artisans de la région. Si ça vous intéresse, contactez-nous pour que nous vous donnions leurs coordonnées.

Lun 16 : Après un petit déjeuner avec Laure et Arturo, nous reprenons la route vers la côte, cette fois-ci de jour. Les paysages changent vite. Nous longeons la côte vers le nord jusqu'à la petite ville de Huarmey. C'est dans cette ville que notre amie Haydee, avec l'ONG qu'elle dirige, a monté un projet de bibliothèque municipale moderne. Elle nous fait donc visiter les installations : postes de lectures individuels, salle de travail collectif, postes d'accès à internet, 800 livres neufs en plus des 2000 de l'ancienne bibliothèque. Le soir, Haydee et son fils repartent sur Lima tandis que nous dormons sur place, dans notre véhicule.

Mar 17 : Nous prenons la route à l'aube. La côte est très désertique en général et cultivée de riz ou de bambous dans les zones d'embouchures de rivières descendant de la cordillère. Nous arrivons à Trujillo, qui se partage le titre de 2e ville du pays avec Arequipa. Nous y prenons un hôtel pour y passer 2 nuits. Ca fait du bien. C'est une belle ville coloniale avec plusieurs sites archéologiques pré-incas importants.

Mer 18 : Visite du site de la pyramide du soleil et de la lune (huaca del sol et huaca de la luna). Site de la culture Moche qui se développa dans la région entre le 1er et le 8e siècle de notre ère. L'après-midi, plage. Malgré la latitude, l'eau de l'océan est toujours fraîche du à ce fichu courant de Humboldt qui fait remonter les eaux de l'Antarctique le long de toute la côte ouest de l'Amérique du Sud.

Jeu 19 : Visite du site de Chanchan, de la culture Chimu (9e au 14e siècle). C'est la plus grande citée en adobe (brique de terre) du monde. L'après-midi, nous reprenons la route vers le nord, longeant l'océan pacifique, toujours très désertique. Nous arrivons jusqu'au site archéologique de Sipan, près de Chiclayo, où a été découvert en 1987 une tombe funéraire d'un seigneur de la culture Chimu. Cette découverte est considéré ici comparable à celle de Toutankhamon en Egypte: beaucoup d'or et autres métaux précieux, beaucoup d'objets et d'autres personnages accompagnant le seigneur dans son autre vie...qui n'ont été découverts ni par les espagnols, ni par les pillards : chose exceptionnelle ! Nous passons une agréable soirée et nuit tranquille à l'intérieur de l'enceinte du site, surveillé par des vigiles.

Ven 20 : Visite du site de Sipan avec un archéologue péruvien qui travaille depuis 14 ans sur le site, mais qui, faute de financement, ne peut poursuivre les fouilles et se dédie aux visites... Pas aussi passionnant que ce qu'on espérait d'un archéologue. Sur le site, il n'y a que des reproductions des trésors. Nous nous rendons à Lambayeque, à quelques dizaines de kilomètres, où un musée a été construit fin 2002 spécialement pour exposer tous les trésors de Sipán. Ce musée est très moderne et très bien fait. Malheureusement, on n'a pas pu prendre de photos. Dans la même ville, un autre musée plus traditionnel complète notre culture sur l'histoire et toutes les nombreuses civilisations pré-incas de la région. Nous avons notre dose d'archéologie et d'histoire pour un bon moment... Les enfants aussi ! Mais quelques jours après, Solène nous demande . "Quand est ce qu'on va voir des vases et des bijoux ?" Comme quoi, ils aiment ca aussi ! L'après-midi, nous reprenons la route du nord et nous nous arrêtons à la tombée de la nuit dans la petite ville de Talara, ville la plus à l'ouest de tout le continent sud-américain. Nous dormons dans une station service après avoir profité de la fête du village : nombreuses danses et petit tour en mototaxi pour toute la famille !

Sam 21 : Au petit matin, nous reprenons la route, pensant être à la frontière à midi et à Guayaquil dans après-midi. Dans la matinée, nous faisons une pause-plage un peu avant Tumbes. L'eau est enfin "chaude". Il faut dire que le courant froid de Humboldt remonte toute la cote ouest du continent depuis l'Antarctique et ne s'en sépare qu'à la pointe de Talara, ce qui donne à l'extrême nord du Pérou et à l'Equateur des eaux très agréables. Arrivés à la frontière, nous effectuons les formalités de sortie du Pérou sans problème,...